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Destination : Indonésie

Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 17:10

Selamat Pagi ami lecteur !

 

Le texte à lire c'est sympa, mais pour mieux illustrer mon précédent billet, voici une petite sélection de photos prises lors notre promenade dans les environs du P-WEC...

(et merci à la coupure d'électricité, sans qui cette ballade n'aurait jamais pû être faite !)


Bleu, blanc, vert : sapins, ciel et nuages accrochés à un lointain volcan :

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Petungsewu, ses maisons colorées et ses rues en pente…

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Petungsewu et ses maisons moins colorées…

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Les Indonésiens sont de grands collectionneurs :

- d'oiseaux :

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  - et de grains de riz ! (ah non, pardon, ça c'est pour le faire sécher)

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Petungsewu et ses routes goudronnées… ou pas !

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Dingue, on se croirait presque dans les Landes ! (oui, mais alors en plus vallonné…)

(et surtout sans les Landais…)

 

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Homme-femmes : égalité des sexes dans les champs de Java :

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L’occasion de discuter un peu… ou de s’expliquer !

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Les cultures en terrasse, ou quand les pentes s'applatissent :

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Alors qu’au loin, un volcan fume :

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Quelques « bébêtes » rencontrées entre ma chambre et la salle de bain :

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Et pour finir…

2 photos de séance de travail, non parce que je n'ai pas fait que me ballader :

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  10 novembre 2011

Par Pidjay - Publié dans : Destination : Indonésie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 11:15

Selamat Pagi ami lecteur,

 

Comme promis dans mon précédent billet, voici un « petit » résumé de mes derniers jours à Malang.

Après une bonne dizaine de jours durant lesquels la pluie ne nous a pas épargnés - mais alors vraiment pas - et avec quelle vigueur parfois (c’est impressionnant quand même cette saison des pluies ! Surtout quand on n’est pas habitué… OK, il peut arriver qu’il pleuve, de temps en temps à Bordeaux, mais là c’est pire ! enfin bref…), le temps a commencé à bien s'améliorer avec de magnifiques périodes généreusement ensoleillées (où comment avoir les bras rouges –très- rapidement), offrant ainsi des couleurs encore plus éclatantes aux collines volcaniques et la possibilité de belles balades dans les environs.

Et à propos de balade, il s’est trouvé qu’un jour, à la faveur d’une coupure d'électricité paralysait l'activité du centre (c'est fou ce qu'on est dépendant de la fée électricité !), nous sommes partis avec Tobi, un des volontaires allemands, faire une petite ballade dans les environs et profiter des petits sentiers qui longent les jolis champs cultivés en pente ou en terrasse et qui sentent bon les pins, les bambous (ah bon, ça a une odeur les bambous ?) et les petites fleurs colorées des montagnes.

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Bien entendu, nous sommes partis sans carte ni boussole, en décidant de ne faire confiance qu’à notre sens inné de l’orientation (moué…) et aux mesures de distances faites en pifométrie absolue.

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Dans les environs de Petun Puntung Pengsun du village ou nous sommes, (Petungsewu, ça y est, ça me reviens !) la plupart des hommes et femmes travaillent dans les champs.

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Ainsi la route est jalonnée de maisons en briquettes rouges pour certaines ou en planches de bois pour la plupart, qui trahissent les activités quotidiennes de la famille : linge qui sèche, enfants qui jouent dans la rue, poulets en liberté et riz qui sèche dans des paniers sur les toits.

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Bon sinon, certaines sont en briques, peintes et possèdent des étages, prouvant ainsi la réussite de la famille…

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Et à fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, les habitations se font plus rares. Les champs continuent à être exploités mais par endroit la végétation change jusqu’à devenir familière : en effet, les bambous laissent place aux pins, sapins et à des buissons colorés… on se croirait presque dans les Pyrénées (à ceci près qu’une fumée volcanique s’échappe d’une montagne au loin) !

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Et après quelques tours, détours, retours, nous finissons notre parcours dans un petit village non loin du notre, chez Lika.

Lika est une amie d'une autre volontaire partie la veille (incroyable comme le monde est petit !), une javanaise qui après s'être auto-formée en anglais, l'enseigne dans les classes des villages du coin.

Bien qu’elle ne nous attendait pas, nous sommes accueillis avec un immense sourire, et à peine avons-nous le temps de nous assoir, qu’elle et son mari nous apportent boissons, quelques petits gâteaux faits maison (un régal) pour ne pas dire l’équivalent d’un repas complet ! Puis, elle nous propose de l’accompagner dans la petite pièce de la maison que son mari (qui travaille dans une entreprise des environs, avec un salaire sensiblement plus élevé que ses voisins) a aménagée en salle de classe. En effet, nous avons débarqué à l’improviste alors qu’elle donnait un cours aux enfants des voisins.

A peine entrés dans la petite pièce, je ne sais pas qui de Tobi et moi ou des enfants étaient impressionnés… Eux de voir des étrangers, nous de nous sentir aussi bien accueillis et de voir la motivation et l’énergie que Lika mettait dans son rôle auto-attribué de maitresse d’école de fortune.

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A sa demande, nous avons joué au Scrabble en anglais (en lui expliquant les règles, car le jeu lui avait été offert sans la notice!) et parce qu’elle a insisté, nous avons fini la soirée à discuter chez son frère de divers sujet, dont un très épineux, qu'elle nous a lancé avec une candeur désarmante et assez directement : que pensez-vous des terroristes islamistes ?

Voilà voilà voilà…

Voilà voila voilà…

Alors heuuu, comment dire, heuuuuu…

hé hé…

Regard à droite, regard à gauche.

Silence profond…

Regard interrogateur de Tobi… Quoi répondre ?

Non, parce que c’est vrai que c’est super facile comme sujet… Surtout avec des inconnus et encore plus quand on sait que son frère est imam, qu'elle porte de temps en temps le voile et que dans quelques jours ils vont fêter l’Aïd el kébir, la fête du sacrifice (une des plus grande fête chez les musulmans, en commémoration du prophète Ibrahim (Abraham chez les hébreux) qui avait sacrifié son fils Ismael pour montrer sa soumission à Allah... Bon c’est vrai que c’est une fête et qu’ils ne sacrifient pas d’humains, mais plutôt des bèèè, heu pardon, des moutons (oui, j’apprends les bruits des animaux aux enfants en ce moment) ou des vaches.

 

Donc, nous voici dans ce que d’aucun appellerait l’exercice du "bien" : non pas le bien contre le mal, mais un bel exercice pour rester "bien" général, "bien" vague, "bien" souriant, "bien" aimable, "bien" respectueux, "bien" arrondir les angles et "bien" sûr ne pas susciter de malentendu (facile quand on parle en anglais et qu'on a comme référence OSS 117... pas de polémique, surtout : PAS DE POLEMIQUE !).

« Euh et sinon, vous vous êtes rencontrés comment avec ton mari » ?

Oui, ce fut une de nos questions-porte-de-sortie.. un peu facile, mais efficace !

 

Mais le jour ayant cédé depuis longtemps sa place à la nuit, et comme elle ne voulait pas nous laisser rentrer à pied (« ça peut être dangereux la nuit, à pied sur la route parce que les camions et les scooters ne vous voient pas »), c'est son mari et son frère qui nous ont raccompagnés en mobylette jusqu'au centre (sans casques, bien sûr… et c’est censé être moins dangereux ? de toutes façons, c’est proposé avec tant de gentillesse et d’insistance qu’il est impossible de refuser). De nuit, la lune blafarde éclaire faiblement la route et dans les virages les phares des deux-roues dans les bambous leur donnent vie de façon éphémère et magique, d’autant que le faible vent d’altitude semble susurrer une douce musique balançant leurs troncs élancés vers le ciel étoilé.

 

Sérieusement, les Javanais sont vraiment chaleureux, curieux et prêts à aider (sans aucune arrière pensée du genre : on-te-rend-service-même-si-tu-n’as-rien-demandé-et-en-échange-donne-de-l’argent), accueillants, ravis de faire des rencontre, bref sympas et de compagnie agréable pour des musulmans !

Et en rentrant à nos chambres, un évènement étrange est arrivé : enveloppés de la - désormais - classique symphonie de nos insectes familiers (et des cris réguliers des gekkos), sous le ciel riche en étoiles (YES ! enfin, j'ai reconnu la croix du sud ! oui, pardon…) certaines étoiles ont pris vie et se sont mises à tourner en clignotant autour de nous. En fait, un véritable ballet de lucioles se déroulait sous nos yeux étonnés...

C'est vraiment étonnant la nature : Pourquoi de nuit un animal se met à clignoter ?

Peut être pour voir où il va et essayer d'échapper aux prédateurs en même temps ?

Du genre : coucou, je suis là,  hop je ne suis plus là, et hop je suis re-là (non, là bas maintenant) et hop, je ne suis plus la et hop me revoilà et… Merde un arbre !!! « Ppouf » fait l’insecte qui s’écrase contre un arbre et « splick », la luciole sur le casque du vélocycliste à la sortie du virage de nuit !)... 


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Bref, après des journées passées à aider les gens du centre sur l'accueil de visiteurs locaux (et les 10aines de photos qui vont avec... non pas moi d'eux, mais plutôt l'inverse... je sens que je vais rentrer aussi mégalo qu’une rock-star à force d’être autant sollicité pour des photos !) - et de participer à certains jeux éducatifs - j'ai conclu mon séjour au centre du P-WEC par deux journées de formations !
En effet, entre autres activités, il fallait que j'assure 2 enseignements sur les techniques d'accueil des visiteurs et de guide touristique !

Heureusement, un support bien utile m'avait été fourni pour préparer la formation, parce que sinon, je n’y connais vraiment rien (à part être souvent servi au resto ou être encadré par un guide lors de certaines excursions…).


Ainsi, après un bon petit déjeuner (oui, traditionnel… ils allaient pas sortir des croissants les derniers jours, mais finalement, on fini presque par s’y faire au petit-déj traditionnel…) et à la faveur d'une belle journée baignée de soleil, toute l'équipe s'est retrouvée face a moi, les yeux avides de savoir et me voila donc dans une situation particulièrement ubuesque (et en leitmotiv "mais qu'est-ce que je fous là, franchement ?") : parler d'éco-tourisme en anglais, avec une interprète pour le traduire en indonésien...

Ah comme ils sont délicieux ces petits moments de grande solitude…
Et parce que je sens, ami lecteur que vous vous demandez comment j’ai pu m’en sortir, voici comment ça c’est passé.

 

Non, je plaisante, je ne vais pas vous transmettre mes petits secrets !

Enfin, c’est surtout que je n’ai pas envie de raconter, encore, une de mes situations d’ « au-secours-je-me-sens-tout-seul-là-mais-pourquoi-j’ai-signé-mais-quel-c*n-mais-qu’est-ce-que-je-fous-là » ?

 

Bon, finalement, vu que j’ai à peu près tout partagé jusqu’à présent, je n’en suis plus à ça prés… alors Yalla :

Assis sagement en tailleur et moi debout, j’ai commencé par faire un "tour de table" (entre guillemets, car on était assis parterre) en leur demandant leurs attentes et à discuter avec eux de l'éco-tourisme (enfin, de ce que j'avais lu ici et là), ce qui a eu au moins comme avantage (pour moi surtout), de faire baisser la pression, car je dois avouer que je n'en menais pas large... Puis j'ai poursuivi en les faisant jouer quelques petits jeux de rôles (et les Indonésiens sont super joueurs) et enfin présenter les points clés importants en m'appuyant sur mon expérience de touriste, avant de conclure par une séance de questions-réponses et échanges...

Et finalement parce qu'ils semblaient satisfaits des informations transmises - et de la qualité de la présentation - mais surtout rassuré par leurs sourires réconfortants, je dois avouer que j'ai pris un énorme plaisir à donner cette formation et vivre cette expérience avec les Indonésiens.

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Et pour fêter ça avec une partie de l'équipe et les volontaires, nous avons passé une soirée typique Malangaise (on va dire « javanaise » plutôt) : Direction donc un petit restaurant de la ville, avant de poursuivre la fête dans un… karaoké ! Yeah, let’s Rock and Roll !!!

Une belle occasion de sortir du centre, de voir la vie nocturne (assez sage, surtout si on compare avec d’autres îles plus touristiques... Oui, Bali ou Gilli Trawagan par exemple) et de massacrer (le terme n'est pas assez faible) certains standards internationaux (mention spéciale à D.I.S.C.O d’Ottawan !)... bref à bien se marrer !

 

Et enfin (?) le dernier jour arriva, avec son lot de remerciements d’échanges d’e-mails, d’accolades, de sourires et de photos avec toute l'équipe !

 

Mais avant de partir, l'équipe du P-WEC nous a proposés à Tobi et moi-même, de découvrir les beautés de la forêt tropicale et des espèces animales qui la peuplent.

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Ainsi, accompagnés d’une biologiste, un des membres du centre (à priori pas celui qui conduit le mieux et qui reste scotché à son mobile, même au volant... enfin pas assez pour qu'on ait lui temps de changer ses paramètres et de mettre son portable en chinois! Oui, c'est très très enfantin, mais toujours drôle !) a loué une voiture et après avoir quitté la ville de Malang et traversé la toujours aussi animée campagne du sud de Java, contourné un des volcans du coin encore actif (à en croire la fumée qui s’en échappe), nous sommes rentrés dans le parc national à la découverte de la très dense, très humide et très verte forêt tropicale.

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Abrités du soleil généreux par des arbres géants (dont certaines espèces datent des dinosaures), nous évoluons sur une route serrée et sinueuse.

Le temps d'un arrêt et d'une petite marche, nous découvrons une impressionnante chute d'eau (le site de « Owa air terjun watu ondo ») dont le bruit sourd, couvre à peine les cris des oiseaux, des insectes et des singes.

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Plus haut dans le ciel un point noir tourne au dessus de nous : un grand aigle noir évolue "lentement les ailes déployées, lentement je le vis tournoyer" sans doute à la recherche d'une proie...

Ici les oiseaux sont de toutes les couleurs (rouges, verts, jaunes) aux cris stridents et "cacquetants" qui résonnent dans toute la forêt et s'envolent à notre approche (heureusement, nous avons des jumelles pour les observer), ou quand un singe, sautant d'un arbre voisin, s'agrippe à leur branche.
Mais les singes ne colonisent pas que les arbres...

En effet, une petite question : qu’est-ce qui est moins intelligent qu’un singe ? Un discours de Ségolène Royale groupe de macaques !

Et quelques kilomètres plus loin, en sortie d'un virage, une tribu de macaques tient un sitting au milieu de la route, si peu effrayés par le bruit du moteur qu’ils se mettent à courir dans notre direction.

Du coup, on est obligé de piler !
La voiture à peine arrêtée, les animaux nous observent curieusement dans le véhicule, dont nous avons fermé les fenêtres, car le singe est un peu voleur sur les bords et ils aiment toujours emporter quelques trophées, à l'insu des gens...

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Un peu isolé, un autre macaque regarde la scène, mais ne participe pas. Visiblement, il a été exclu du groupe.

La biologiste nous explique que de récentes études ont montré que les singes créaient des tribus, dont certains membres pouvaient en être exclus et il a même été démontré des cas d'homosexualité chez certains individus, lesquels forment leur propre groupe...

Ainsi, ils défilent lors de la monkgay-pride et militent pour avoir la possibilité de se marier et d'adopter des enfants (heu, je ne suis pas sur pour ces derniers points).
Enfin, comme quoi, cette maladie déviance perversion tendance sexuelle ne concerne pas que l'homme, mais aussi d'autres espèces animales. Incroyable non ?

Rainforest-Java---Indonesie 2977


La route évoluant sur les crêtes des montagnes javanaises, elle offre par endroits de magnifiques points de vue, que ce soit les pentes multicolores des champs cultivés, ponctués de petits villages, les successions de crêtes alignées comme des vagues, ou alors des sommets de volcans qui semblent émerger d’une mer de nuages.

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Sur le chemin du retour, une petite escale s’impose (sous le harcèlement de Tobi) pour goûter un fruit vénéré par les asiatiques : le Durian !

Et pour les (chanceux) qui n’auraient pas gouté, le durian est donc 1 fruit dont la particularité est d’émettre à maturité une odeur subtile : mélange de camembert, munster et autre fromage « parfumé », dont la chair onctueuse révèle un gout unique et indescriptible...

Et pour se remettre de ces émotions fortes, ils nous proposent de prendre un petit verre en terrasse d’un restaurant sympa de Malang, à deux pas des universités, dont la déco est constituée d’éléments chinés dans diverses brocantes du coin dont quelques pépites : des 33 tours de groupes indonésiens datant des 70’s !

Enorme le style !!!

Malang--Java--Indonesie- 3075

 

C’est sur ces notes fruitées et de voyage dans le temps, que mon séjour à Malang se termine, car après de nouveaux « au-revoirs », remerciements, et dernières recommandations (j’aime pas les au-revoirs, à fortiori quand on n’a pas envie de partir…), ils me déposent à la station de bus pour prendre le bus de nuit, direction : BALI !

 

Mais, au travers de ces quinze jours qui sont passés trop vite, ce qui reste c’est ce doux sentiment d’avoir été un peu utile (ou l’espoir de l’avoir été), d’avoir partagé quelque chose d’unique, le tout tempéré par une pointe de frustration, car deux2 semaines, c’est court.

Et sans vouloir passer pour un horripilant donneur de leçon, le fait d’être un peu sorti de ma zone de confort - aux habitudes bien ancrées, rassurantes mais sclérosantes - et de partager le quotidien de gens dont la culture et le mode de vie sont si différents des miens, m’a un peu ouvert les yeux (et j’espère l’esprit) sur les différences radicales qui coexistent sur notre petite planète, depuis le cadre pressé en costume cravate qui sort du métro direction son bureau dans une tour de La Défense ou de Wall Street, au paysan qui laboure sa rizière les jambes dans l’eau boueuse rendue brûlante par le soleil, en passant par la mère de famille qui râle parce qu’elle est coincée dans les embouteillages et qu’elle arrivera encore en retard à la crèche, puis à son boulot…

Mais surtout, cela m’a permis de prendre un peu de recul, minimiser mes problèmes quotidiens (oui d’accord chacun les siens… Mais bon, ce n’est pas parce que mon iPhone ne capte pas en bord de mer, que le compte rendu de réunion n’est pas finalisé ou que le conducteur n’a toujours pas démarré alors que le feu de circulation est vert depuis au moins 10 minutes, que cela doit forcément me pourrir la vie !), de prendre conscience de la chance que j’ai de vivre dans ce pays de râleurs impénitents qu’est la France et peut être gagner – un peu - en humilité.

Oui la vie est belle, car au-delà de son cortège de moments difficiles et de peines associées, elle offre de fantastiques opportunités de rencontre, d’échange, de partage, d’expériences, de joies, d’étonnements, de rires, de raisons d’aimer… à condition bien sûr de vouloir les vivre, de prendre sa vie en main, de sortir de son confort et écouter ses envies pour avoir la folie de vivre ses rêves !

A chacun donc d’être l’acteur du changement qu’il veut voir dans sa vie et dans le monde.

En acceptant bien sûr le fait que tout ne peut être changé et donc avoir assez de sagesse pour savoir faire la différence.

 

Au final, je ne sais pas qui a été plus utile à l’autre.

 

Enfin, si j’ai une petite idée...

 

 

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14 novembre 2010

Par Pidjay - Publié dans : Destination : Indonésie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 12:02

Selamat Pagi ami lecteur,


suite à  l’insoutenable suspense dans lequel je vous avais laissé à la fin de mon précédent billet, voici donc le récit de mon incroyable, extraordinaire, époustouflante, matinale (rayez la mention inutile) excursion au mont BROMO !

 

Tadaaaaa (oui, bon j’avais prévu des bruits de tonnerre et une éruption volcanique pour ajouter un peu d’effet dramatique, mais je suis un peu short sur les effets spéciaux… désolé !)

Bromo---Java---Indonesie 1873


Ainsi, réveillé à 00h30 (non non, je ne plaisante pas… pour moi c’est plutôt une heure à laquelle on se couche, et encore… mais surtout pas une heure à laquelle on se réveille !) et le temps d’enfiler des vêtements assez chauds pour l’ascension du volcan (situé quand même à 2500 mètres d’altitude), nous récupérons d’autres touristes et partons en direction du volcan, sous une petite pluie fine (l’équivalent du crachin breton, mais en moins froid).


Après plus d’une heure de route, il fait bien sûr toujours nuit quand nous arrivons (l’idée, c’est de découvrir le Bromo au lever du soleil) et avons troqué le minibus contre un 4*4 plus apte à faire les derniers kilomètres, pour rejoindre le promontoire, alors qu’un grand nombre de personnes se pressent déjà pour y admirer le spectacle. 

Et force est de constater qu’il est de taille !

Amassés les uns contre les autres, tous les spectateurs présents (c’est sympa le tourisme de masse, car le prix de l’excursion est bas, mais par contre la promiscuité a quelques incovénients : mon voisin, un vrai indonésien a dû prendre un bon petit-déjeuner bien traditionnel – rhaaa - et épicé - re-rhaaa - avant de venir !) regardent dans la même direction. Au moins, on ne risque pas de se tromper de direction…

Bromo---Java---Indonesie 1766


La nuit résiste encore un peu quelques secondes mais finit lentement par céder ses dernières secondes et les premiers rayons du soleil déchirent par endroit les nuages javanais, donnant l’illusion que le ciel est entaillé de lames de feu.

Devant nous, les premières formes se précisent à mesure que la lumière s’intensifie, caressant les courbes du volcan.

Bromo---Java---Indonesie 1692

 

Une fumée blanchâtre s’échappe d’un cône, qui portée par le vent accompagne, telle une écharpe légère, les aspérités du terrain en direction de la vallée.

Et en même temps que le cratère et les autres volcans du fond apparaissent plus distinctement, les couleurs se font elles aussi plus distinctes et intenses, offrant à nos yeux ébahis des images splendides : si les bords du mont Bromo sont recouverts de verdure, le cratère lui est couvert d’une terre d’un noir aussi profond qu’une nuit sans lune, et semble absent de toute vie.

Bromo---Java---Indonesie 1835

 

Enfin, « quelques » 300 photos plus tard (je sens que  ça va être rigolo de les trier), nous partons en 4*4 en direction du cratère principal, avec une petite pause sur le trajet, ayant pour conséquence une augmentation certaine du nombre de clichés !

Bromo---Java---Indonesie 1958

 

La route pour accéder au centre du cratère est raide (extrêmement) et étroite (extrêmement aussi), ce qui rend assez « amusant » les croisements de voitures, toutes identiques, exception faite de la couleur (Non, sans blagues, on ne passe qu'à une seule voiture sur cette route, c'est pas possible de se croire ?... Ah ben tiens, y'en a une qui monte... mais ça passe pas, ça passe pas, CA PASSE PAS !!! Aaaah... Ah si c'est passé ! ). Et encore plus amusant quand un (non, des) motocycliste(s) se joint (joignent) au trafic (parce que eux, n’hésitent pas à doubler, même quand ça passe pas…), avec d’un côté quelques sapins et le vide et de l’autre, le mur vertical de la montagne et des voitures qui ont mal négocié le virage et se trouvent en travers de la route.

 

Puis les 25 virages en épingle passés (et les doigts décrispés du siège, désormais marqué à vie), nous nous retrouvons sur une piste qui mène jusqu'à la cheminée.

Bromo---Java---Indonesie 1964 - Copie


Celle-ci justifie à elle seule l’utilisation d’un 4*4 : bien qu’elle soit plate, la piste en terre de volcan profondément noire fine et étincelante, est ponctuée de multiples nids de poule (à croire que la piste a été bombardée) et conduit jusqu’à un immense parking.

Bromo---Java---Indonesie 1968

 

Notre chauffeur-guide nous attendra, le temps de l'excursion, et bien que sollicités par des cavaliers pour faire l’ascension à cheval, c’est à pied que nous arpentons les flancs du mont Bromo. Il faut dire que la pente n’est pas particulièrement forte et elle se termine par des escaliers… Donc ce n’est pas d’une grande difficulté (le plus dur de l’expédition ? Le réveil…)

Bromo---Java---Indonesie 1987


Et à mesure que nous nous rapprochons de la cheminée, des chants s’élèvent. Non pas les grondements de colère de la terre, mais bien des prières, car un temple dédié à Bromo y a été érigé pour célébrer des cérémonies et déposer des offrandes.

Bromo---Java---Indonesie 2099


L’ascension relativement facile – relativement, car le problème principal n’est pas l’aspérité du terrain, mais le fait qu’il faut slalomer entre les touristes à pieds et ceux qui sont à cheval (surtout des femmes, rhooo les feignasses !) - se termine sur le sommet de la crête.

Bromo---Java---Indonesie 2014

 

De l’autre côté de la raide pente, une épaisse fumée blanche aux fortes odeurs de soufre s’échappe des fissures grises et jaunes-rougeâtres qui entaillent le cratère, qui telle une soupape de sécurité, laisse deviner la forte activité volcanique sous-terraine.

Bromo---Java---Indonesie 2067


Petite déception cependant : on n’entend pas le sol gronder et on ne le sent pas trembler non plus (euh, compte tenu de ce qui se passe plus au nord, avec le Mérapi – des nuages de cendres, de éruptions à mettre en orbite des jets de lave, et même des dizaines de morts, c’est peut être mieux).


Le temps de prendre 2-3 photos (oui, bon, 150…) et de se promener sur la crête, pour mieux se détacher des touristes et apprécier le paysage, qu’il faut penser à rentrer car il est presque 11 heures et nous avons encore 1 heure de route pour rentrer.

Bromo---Java---Indonesie 2098

 

La route du retour serpente dans les paysages magiques du parc national, entre :

- rizières en terrasse,

Bromo---Java---Indonesie 2228

 

- petits villages,

Bromo---Java---Indonesie 2158

 

- monts volcaniques semblant émergés d'une mer de nuage et champs cultivés sur les flancs de montagnes.

Bromo---Java---Indonesie 2189

 

Mais honnêtement, je n’ai pas beaucoup de souvenir, car comme les autres membres du groupe je me suis endormi, bercé par la succession des virages et les réguliers coups de klaxon pour signaler notre présence (surtout dans l’amorce du virage, et il y en avait beaucoup)…

 

Et avant de rentrer au P-Wec, puisque nous avons le temps, notre guide nous propose de visiter un petit temple construit en pierre de lave (donc tout noir) : le Candi Singosari.

Bromo---Java---Indonesie 2243 - Copie

 

C’est l’occasion de se détendre dans un beau jardin autour de vieilles pierres (le temple fut construit en 1300, en l’honneur du dernier roi de la dynastie Singosari, mort 8 ans plus tôt et gardé par 2 grandes statues les Dwarapala dans les environs) et surtout d’être pris en photo avec des visiteurs particuliers : les enfants d’une école voisine, venus avec leurs enseignants, ravis d’immortaliser l’instant avec des occidentaux étonnants car aux des yeux bleus et  pour certains aux cheveux blonds (oui, il y avait 2 blondes dans le groupe…) !

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L’excursion au mont Bromo est donc une magnifique destination pour qui poursuit son voyage sur l'île de Java, après Yogyakarta vers Surabaya ou Malang.


Car mis à part un réveil aux aurores (je vous ai déjà dit que j’avais dû me lever tôt ? ah oui…), le paysage est magique, magnifique, étonnant, spectaculaire… et pousse à un peu (oui pas trop quand même) d'humilité car on se sent tout petit face à la puissance du coeur de notre planète.


Et comme je n’ai pas fait que visiter le mont Bromo, le prochain billet sera consacré à mes activités au sein du P-WEC (ouaiiiiis !).

 

 

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  10 novembre 2010

Par Pidjay - Publié dans : Destination : Indonésie - Communauté : Carnets-de-voyages
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 17:45

Selamat Sore (et oui, c’est le soir : donc « Sore »), ami lecteur !

 

Après une arrivée mouvementée et avant d’aller plus loin dans le récit, un rapide (mais si, je peux…) bilan de ma première  semaine chez Pro-Fauna : elle a été non seulement super intéressante, mais en plus excessivement formatrice !


En effet, le fait de travailler avec des locaux m’a permis de développer mon « Indo-english » (barbarisme pour anglais indonésien, vous l’aurez compris), mais aussi d’être familiarisé avec les animaux du coin (gros et petits, en voie de disparition ou non menacés), les coutumes locales (aaah le karaoké…), mais aussi d’apprendre d’autres façons de voir les choses (quoi ? Tous les Musulmans ne parlent pas arabe et ne sont pas terroristes ?), d’être confronté à des problématiques que j’étais loin d’imaginer (je boycotte les produits à base d’huile de palme désormais : sa culture intensive appauvrit le sol, met en danger des espèces animales, crée des problèmes écologiques et sociologiques…), de relativiser certaines situations (ouh pinaise de pinaise mon iPhone ne capte pas dans la jungle !) et surtout de découvrir l’écotourisme.


Entre autres manifestations de sensibilisation (telles que l’éducation des villageois voisins, manifestations en ville, lettres au gouvernement…), Pro-Fauna a créé un centre d’éducation : le P-WEC : Petungsewu (c’est le nom du village) – Wildlife Education Center.

Malang--Java--Indonesie- 1660

 

Ici travaillent des biologistes qui soignent les animaux récupérés sur les marchés, où ils sont vendus illégalement, afin de les ré-éduquer, puis les libérer dans leur milieu naturel.

En plus de cela, ils accueillent lors de journées spéciales ou de week-ends, des écoles, des familles, des entreprises (pour des séminaires…) et même des touristes pour les sensibiliser à la protection de la faune et de la flore et faire découvrir les richesses locales, au travers de visites et d’activités.

Ils ont ainsi développé des circuits éco-touristiques dans les environs et c’est justement sur ce point là que je travaille.

Voilà pour le bilan, qui sonne un peu comme un bilan de compétence ou comme une plaquette commerciale, mais bon : retour au récit de mes aventures indonésiennes…

 

Visiblement la saison des pluies a commencé plus tôt cette année : aux 28 degrés, viennent donc s’ajouter un fort taux d’humidité (et les insectes qui vont avec…), des orages et de grosses pluies qui durent presque la moitié de la journée.

Je n’aurais qu’un mot pour résumer : le bonheur !

 Malang--Java--Indonesie- 1412

 

Si la journée, le centre P-WEC où nous travaillons (et où je loge) est bien animé et les biologistes sont toujours disponibles, prêts à aider, à discuter ou à boire un café… Le soir en revanche le centre est désert, chacun rentrant chez lui, à part les gardes.

Nous nous donc retrouvons seuls, sans bar, sans bière ni cocktails, obligés soit de travailler (heuuuu), soit de lire, et de se coucher tôt (incroyable, je me suis même couche à 21h !). Et entourés de bruits d’animaux sauvages méconnaissables (pourquoi on ne nous apprend que le bruit du mouton, de la vache, du chien, du chat ou encore du canard ? Sans blagues, il y a des animaux beaucoup plus dangereux qu’il serait bon de connaitre !)

Bon, parfois, voire souvent (c’est-à-dire en réalité presque tous les soirs…), nous jouons aux dés, en buvant de la bière qu’un volontaire se fait un plaisir d’acheter au village voisin (mais bon, chuuut, c’est pas très autorisé…).

« Nous », car en ce moment des volontaires venant d’Allemagne (à quelques semaines près, et j’étais avec 2 Français et 2 Américains) assurent une mission pour le compte de Greenpeace.

 

Heureusement les Allemands parlent le plus souvent en anglais pour qu’on discute tous ensemble et moi avec mon bon « frenchy accent » je n’ai pas eu besoin de leur donner ma nationalité, ils l’ont vite deviné… Argggg…

-                 -     Howe longue have you bine hireu ?

-                 - Arzo, zo long… ich bine oups, sorry : I’m very happy to be here, but it iz sometimes hard, because at night we don’t have a lot of things to do.

-                 - Yesseuh, aille sink aille no wat you mine..

-                 - Hu??? What did you say ?

-                 - Aïlle saide zat,

-                 - Excuse me but are you French ?

… No comment…

 

Malang 2554

 

Mais bien qu’isolés en pleine campagne, nos nuits sont extrêmement animées !

Non pas que ce soit la java à Java (humour !), mais les animaux dorment peu les salauds !

Et les grillons (ou un truc du style), les crapauds (mais que fait cette grenouille dans la salle de bain ?), les moustiques, les geckos (yesss : Et un moustique en moins !!!) assurent des concerts tout les soirs.

Quand, soudain, un peu avant 4 heures du matin, leur chant est accompagné d’un braillement appel qui résonne de tous les villages aux alentours : les muézines, du haut de leurs minarets appellent les fidèles à prier !

Et oui, l’Indonésie est le pays le plus musulman de la planète, puisque 80% de la population est musulmane (contre 10% de catholiques, 8 % d’Indouistes et le reste constitué de croyances locales).

4h du matin !!! Non, sans blagues ! Ils plaisantent ou quoi ??? Chez nous au moins les moines, ils font les vêpres entre eux et ils emmerdent personne en pleine nuit…

Je ne veux pas refaire l’histoire, mais sérieusement les Portugais et les Hollandais, lors de la colonisation, ils auraient pu mieux faire le boulot : au moins, tout le monde ici serait chrétien, il n’y aurait pas eu d’attentats à Bali et à Jakarta et surtout : je pourrais dormir tranquillement ! A croire qu’entre ça, l’interdiction de manger du cochon, de boire de l’alcool, le ramadan (surtout en plein été) et le port voile (on en voit quelques unes ici, mais pas de burqua), l’Islam a pour décidé de pourrir la vie de ses fidèles !

Enfin, heureusement que le catholicisme m’a appris la tolérance et l'ouverture d'esprit…

(cette phrase en est d’ailleurs un bien bel exemple ! NDR : Tout ceci est bien sûr à prendre au 2e -voir 3eme - degré ! Rhaaa J’aurais pas dû revoir OSS 117 dans l’avion !)

 

Et au petit matin, les joues marquées des plis de l’oreiller et les yeux encore un peu collés, nous partageons le petit déjeuner traditionnel (oooh, comme ça fait écho à la douche traditionnelle… Alors attention mesdames et messieurs, le petit déjeuner traditionnel est donc composé de : poisson ou viande frit, sauce piquante, de riz, de légumes bouillis et de thé… bref un petit déjeuner qui ressemble à un repas ou à un diner et bien loin du fameux « continental »… donc je disais : bla bla bla… nous partageons le petit déjeuner traditionnel) entre volontaires tout en jouissant d’un spectacle quotidien très sympathique : le ballet des écureuils se jetant d’arbre en arbre !

Malang--Java--Indonesie- 2598

 

Sinon, le boulot se passe bien : j’aide les gens du centre à établir certains standards en terme d’accueil touristique car ils souhaitent améliorer aussi bien leur façon de guider les visiteurs (pour les biologistes), qu’encadrer les touristes (toujours les biologistes), la préparation des repas et le service à table (non, pour ça ils ont une équipe dédiée…).

Oui, je sais, je ne suis pas un professionnel du tourisme…

Et alors ? Eux non plus !

Et en plus ils ne le savent pas que ça n’est pas mon métier… hin, hin, hin (rire sardonique) ! Et en plus, je m’entends suffisamment dire au boulot que je suis un « vrai touriste », pour ne pas leur transmettre un peu de mon savoir !

Blague à part, cette mission est une première pour Planète Urgence, donc je viens surtout pour faire un audit général et mettre en place un partenariat à long terme (et assurer une petite formation quand même à la fin, aidé en cela par les documents remis lors de la journée de formation).

 

C’est d’ailleurs dans cette optique que je suis parti avec eux faire un circuit de 2 jours, dont le thème est : « la vie au village ».

Et pour décor de cette escapade bucolique (et dans bucolique, il y a… oui enfin bon !) : un petit village très traditionnel (aïe, "traditionnel"…) dans les montagnes, à environ 2000 mètres d’altitude.

Ngadas 0867
 

Si Malang est témoin d’embouteillages très denses (et encore, il parait que ce n’est pas la pire des villes indonésiennes), où traverser la rue relève de la psychiatrie, où même la ligne médiane est un axe de circulation (le tout est de savoir klaxonner), la campagne est bien différente et la route est vraiment surprenante : les petits villages sont très animés entre les enfants qui vont à l’école en uniforme, les familles à 3 ou 4 sur une mobylette (comme ailleurs en Asie, c’est LE mode de transport familial par excellence) et comme un peu partout, les constructions s’élèvent autour d’échafaudages en bambou entre les maisons typiques très colorées et les magasins qui vendent de l’essence au détail (c'est-à-dire dans une bouteille en plastique), d’autres qui proposent des fruits et légumes, et divers bonbons, où d’autres encore qui réparent les pneus (à voir le nombre de magasins dont l’enseigne est un –vrai- pneu noir sur lequel est inscrit en blanc, « Tambal Ban », ça doit être super fréquent de crever…).

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La campagne, n’est donc pas en reste, puisqu’elle offre de très beaux paysages où les gens dans les champs en terrasse, sont occupés à cultiver du maïs, de la canne à sucre (et à la découper sur la route), des pommes ("des poires et des scoubidoubidous ouah") et du riz aussi !

Ngadas 1338

 

Par endroit, on débite aussi des bambous (en tranches de 8-10 mètres que l’on transportera sur l’épaule, en scooter bien sûr, ou entassés sur des camions, dont les tiges dépassent amplement devant et derrière) et des arbres qui sont transformés en planches directement sur place.

Sur la route, les locaux à mobylette (encore) transportent des herbes, des animaux en cage, des marchandises diverses, et finalement tout ce qui est transportable (oui, même des miroirs et des meubles), croisent des camions chargés de récoltes au sommet desquelles trônent les paysans qui rentre des champs et dépassent des femmes qui portent sur leur tête les fruits de leur récolte.

Ngadas 1360


Et juste avant d’arriver à destination, nous entrons dans le Parc National du sud de Java.

Ici, le spectacle offert par la nature est réellement magique :  les vertes rizières en terrasses, ponctuées ici et là de bananiers et palmiers, constituent les premières marches avant la foret tropicale, alors qu’entourés de brume, un peu plus loin, des cratères volcaniques témoignent, par la fumée constante qui s’en échappe, de l’activité sous-terraine. 

 

 

L’accès au village de Ngadas (impossible à prononcer…), situé à environ 2000 mètres, se fait par une route qui devient de plus en plus sinueuse, à mesure que l’on monte en altitude et dont le paysage évolue : la dense et humide forêt tropicale aux mille espèces végétales s’efface progressivement et les flancs des montagnes aux terres fertiles ressemblent à de véritables vagues multicolores, en fonction des cultures pratiquées.

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Perché sur la crête d’une montagne, le village s’étend de part et d’autre de la route, sur les flancs.

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Accueillis par la famille (mais aussi par des 10 aines de « Hello » des villageois et enfants rencontres depuis l’entrée dans le village), nous déposons nos affaires chez eux- puisque nous y passerons la nuit- une maison typique et traditionnelle (re aie…) !

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Quelques maisons colorées et à étage côtoient des petites maisons plus sommaires composées d’une pièce principale, de 2 chambres, d’un débarras et d’une cuisine.

Certaines possèdent aussi leur propre petit autel pour les offrandes. Visiblement au village, toutes les religions se côtoient et sont empruntes de croyances et superstitions locales.

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Il y a aussi une petite salle de bain – toilettes, mais il faut passer la cour derrière…

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Cour où gambadent quelques gallinacés libres, entre linge qui sèche et vaisselle fraichement lavée à l’extérieur.

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Véritable pièce à vivre de la maison, la cuisine (dont le sol est en terre) est aussi la seule chauffée, grâce à la table de cuisson.

La table de cuisson, qui n’est ni vitrocéramique, ni au gaz et encore moins à induction, est en fait un four en terre cuite, alimenté en bois par le bas et dont 2 trous sur le dessus permettent d’y déposer bouilloire, wok ou marmite. C’est ici que le soir, après avoir travaille dans les champs inclines (selon la pente du flanc de la montagne), toute la famille se retrouve.

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Très souvent le cercle est même élargi aux amis, voisins… L’occasion de raconter la journée de chacun, de prendre des nouvelles, de faire une partie de Wii (ah non, pas ca… quoique le jeune fils tanne ses parents pour avoir une Play-station !)…  

 

Apres avoir profité d’un délicieux repas typique indonésien concocté par Madame Mulyadi (notre hôte), nous sommes allés nous promener avec son mari sur un des terrains qu’ils cultivent : on y accède en prenant un petit chemin au sommet d’une arrête dont les flancs sont particulièrement raides !

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Sur le chemin rendu un peu glissant par la présence d’un brouillard épais qui, voilant pins, sapins et bambous géants et dessinant les esquisses des crêtes environnantes, conférait au lieu une ambiance mystique, nous étions salués par les paysans qui, relevant la tête, nous lançaient des « Hello » radieux sous leur chapeau conique.

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Et alors que nous descendions le flanc – à pic - de la montagne (ouh pinaise, faut pas que je glisse, faut pas que je glisse, faut pas que… oups ! ah put* de terrain glissant !) pour couper des feuilles de maïs (si c’était pas aussi raide comme champ, je me croirais presque dans les Landes…) je me demandais comment Pak (« Monsieur ») Mulyadi faisait pour marcher pieds nus !

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Cela a été aussi l’occasion d’apprendre à me servir d’un outil particulièrement tranchant : la serpe (si si, c'est encore utilisé, en tous cas ici)

Un grand moment ça encore…

Car à voir son regard en plein d’étonnement (ou de frayeur…), je pense que mon geste devait manquer de précision (et pourtant, j’ai tout coupé sans me découper ! Sauf une entaille à sa jambe, mais comme il est bonne patte, il ne m’en a pas tenu rigueur… nooon, je plaisante bien sûr !).

 

Et après quelques menus travaux, nous sommes rentrés à la faveur de la nuit tombante (vers 18h), alors qu’au loin grondait un orage qui allait, sous peu, généreusement se rependre sur nous !

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Le temps d’aider un peu en cuisine (c’est super bon la cuisine Indonésienne - bien qu’en dessous de la cuisine thaï à mon goût - mais par contre faut aimer le riz !  Matin, midi et soir : du riz…) et de prendre - de force (non, pas de grès) - une douche traditionnelle (je rappelle que c’est de l’eau froide, qu’on est a 2000 mètres d’altitude et que le soir il ne fait pas particulièrement chaud, bien qu’on se trouve à des latitudes favorables… !), nous avons tous diné en écoutant les histoires de la tribu (« les Tengger » à laquelle appartient la famille Mulyadi) racontées par le père de famille et traduits par mes guides, bien au chaud autour du feu de la cuisine, alors que dehors l’orage grondait violemment et que la dense pluie tropicale tambourinait sur le toit en tôle ondulée.

Le conte de ce soir était la création du mont Bromo.

Et comme dans tous les mythes, aucun détail rationnel ne vient étayer les propos, au contraire : luttes, actes de bravoure,  grands héros locaux et magie sont autant d’ingrédients qui rendent l’histoire plus belle et la soirée féérique. 

 

Après une nuit un peu frisquette, et un bon petit déjeuner traditionnel (comme écrit plus haut : il n’y a pas de différence entre un petit déjeuner et un autre repas, ça surprend au début… et même les jours suivants ! Je commence à croire que le petit déjeuner, plus que n’importe quel repas, traduit l’identité d’un pays), nous sommes partis avec le fils ainé en excursion.

Car la famille, non contente de cultiver ses terres, travaille avec Pro-Fauna pour conduire les visiteurs dans les alentours (travailler plus pour gagner plus, c’est ca ?).

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Ainsi, dans un beau Land Rover des années 60 (increvable visiblement) et sur une vieille route en pierre datant de l’occupation hollandaise (et peu ou prou entretenue), j’ai pu découvrir les environs du village, la faune, la flore, goûter certains fruits locaux, hésiter à toucher une plante dont les bulbes envoient comme des décharges électriques et surtout aborder les flancs du volcan voisin (à l’ origine de nombreux mythes et superstitions pour les tribus des environs) : le mont Bromo.

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Et si je ne verrais pas le cratère (enfin, cette fois-ci…), cette partie du Bromo est superbe et pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’il offre un paysage magique et incroyable dans son agencement.

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Si les arbres sont bien présents sur les crêtes les plus éloignées du volcan, au fur et a mesure qu’on s’en approche, la vallée et les crevasses sont recouvertes d’herbes qui remontent sur les flancs, en quelques endroits vallonnés, ce qui contraste avec les rides profondes qui dessinent la face extérieure du volcan, puis se raréfient pour ne laisser place qu’à de la pierre volcanique aussi fine que de la poussière.

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L’autre point, non dénué d’intérêt est que cette partie, plus difficile d’accès est peu utilisée par les tours operateurs, donc vierge de tout touriste !

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Quelle agréable impression d’être seul (enfin, avec 2 guides et visiblement un local venu couper de l’herbe qui vient remplir ses paniers reliés par une longue planche pour les porter sur les épaules) dans un tel paysage !

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On ne dirait pas, mais là, je bosse...


Et pour ceux qui diraient que je n’ai pas besoin d’aller aussi loin pour voir des volcans, car il y en a plein en Auvergne, je répondrais qu’ils n’ont pas tord, mais l’avantage ici, c’est qu’il n’y a pas d’Auvergnat et que ca change tout quand même !

C’est même très appréciable : car les auvergnats, "quand y’en a 1 ça va, c’est quant il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes".

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Sur le chemin du retour, un immense arbre plongé dans la brume forme une esquisse quelque peu fantomatique avec ses centaines de branches recouvertes de fougères telles des guirlandes.

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Mais ce qui attire l’œil c’est qu’entre les branches, une ombre se distingue : une famille de singes y a élu domicile !

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De retour avec les bénévoles, nous avons participé à l’accueil d’élèves venus d’une école de Surabaya.

Et les nuits étant déjà assez compliquées comme ça, là ça a été du grand n’importe quoi, puisque, super chahuteurs, ils ont dû dormir (et du coup, nous avec) de 2h à 5h du matin (merci et bravo la nouvelle génération ! Clap. Clap. Clap. Sales gosses !).

En tous cas, la journée a été bien marrante, entre activités avec eux, réponses à 160 fois aux mêmes 2 questions (« hello sir how are you » et « hello sir, what’s your name ») - avant d’éclater de rire, trop contents qu’on leur réponde ! – et photos avec eux (visiblement, dans les coins un peu moins touristiques d’Indonésie, les gens sont super curieux des touristes et trop contents de les saluer… ça change de certains pays).

Après, vu que tout se dit en indonésien, je suis vite largué...

Malang--Java--Indonesie- 2402 

Bien sûr que si, on bosse !


Et sur ma journée de repos, j’ai pu découvrir la ville de Malang, son trafic routier, ses scooters, ses bus colorés dont il est impossible de comprendre quelle ligne prendre pour se rendre d'un point A à un point B, ses tuck-tucks,

Malang--Java--Indonesie- 1507

 

ses calèches, ses absences de trottoirs (ou alors quand il y en a, il sont complètements défoncés),

Malang--Java--Indonesie- 1626

 

ses marchés (les « bezar »),que ce soit pour les tissus,

Malang--Java--Indonesie- 1460

 

ou pour les fruits, légumes, épices, viandes (avec un mélange d'odeur parfois... surprenant !)

Malang--Java--Indonesie- 1481

 

ses monuments coloniaux néerlandais,

Malang--Java--Indonesie- 3117

 

avec de beaux hôtels (dont 1 qui possède une incroyable collection d’œuvres d’art),

Malang 1548

 

ses maisons qui bordent la voie ferrée et que les habitants traversent allégrement entre 2 passages de train,

Malang--Java--Indonesie- 1618

 

ses terrains cultivés en pleine ville (en très proche périphérie), ses mosquées,

Malang--Java--Indonesie- 1437

 

ses églises,

Malang--Java--Indonesie- 1424

 

ses habitants qui vous saluent en vous croisant, ses petits cafés…


Et surtout le cratère du mont Bromo au cours d’une excursion très très (trop ?) matinale.

Mais ce sera l’occasion d’un prochain billet dans le blog…

 

 

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09 novembre 2010

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